Impressions de vacances
La mer est si bleue
Au confluent de la Loire et de la Vienne.
Eclaboussés par la lumière méridienne
Légèrement troublés par le tempo des rames
Mes océans sont des rivières calmes.
Août 2009
Dimanche 25 novembre 2007, jour de la Sainte-Catherine à Saint Aignan de Grandlieu
Dernier vide grenier. Derniers objets à vendre pour vider mes placards.
Il fait nuit !Arrivés à 8 h 15, nous sommes plusieurs à attendre devant la porte close d’une grande salle polyvalente. Sur la porte est affichée une liste, indiquant les noms des participants et le numéro de leur emplacement. 59, j’ai le numéro 59 !
Des plaisanteries sont échangées. On évoque les résultats du bac . On s’inquiète. Par quelle porte allons-nous entrer, où stationner sa voiture pour être au plus près ?.
Les habitués se reconnaissent, s’interpellent, s’embrassent….
Avec l'aide de mes bonnes copines Lulu et Dany, tout mon bric-à-brac est déposé sur l’emplacement 59, et il ne me reste plus qu'à organiser mon étalage.Je n'ai pas vidé les caisses que déjà des amateurs me questionnent. Vendues ,les boîtes de jeux « construction universelle » et « la maison forestière » . Trois euros chacune ! La première m’appartenait et la deuxième était à mon frère. Parties ! Vendues ! Adios l'enfance !
Il y avait en face de mon stand , un groupe de jeunes , blagueurs, amusants, sympathiques, qui ont animé la journée par leurs plaisanteries et leurs pitreries. Le premier rôle dans ce groupe était un jeune homme, charcutier de son état qui nous a raconté sa vie professionnelle . Dany, fille de charcutier, voisine de mon emplacement, s’est tout de suite enquise auprès de lui de la meilleure façon de cuisiner le boudin noir. Longues explications …gratuites et animées !
Le jeune homme virevoltait autour d'un balai qui disait -il était son challenge. Il devait réussir à le vendre. Ce qu’il fit ! Pas cher, mais sous les applaudissements de ses voisins vendeurs . Son deuxième challenge était une énorme soupière, laide et encombrante. Je n’en connais pas l’issue mais à vrai dire je crois que la soupière n’a pas eu de succès .
Nous nous sommes lancés en toute sympathie quelques boulettes de papier puis les choses sérieuses ont commencé.La récréation est terminée . Les clients arrivent. C’est mon dernier vide grenier !
Lentement, le chaland tangue parmi les étalages, le regard flottant sur les objets. Il ne cherche pas, il se promène dans un paysage d’électro- ménager, vaisselle, bibelots et autres vanités…Ne pas déranger !
Un petit four électrique, assez ancien, beaucoup utilisé . Ecoutez bien. Je l'ai vendu à une dame qui voulait l'offrir à une autre dame, sa protégée. Elle m'a expliqué que sa protégée est une ancienne intérimaire du spectacle, d'une soixantaine d'années, avec 400 € pour vivre par mois et qui paye un loyer de 200 euros, et qu’elle est dans un état de misère et de santé déplorable, qu’elle-même (ma cliente) avait connu des difficultés dans sa vie. Jeune femme, seule à élever un enfant , elle n’a pas oublié . Vous suivez ? Alors elle aide sa voisine et veut lui offrir le four pour améliorer son quotidien.
J'ai aussi appris qu'après son divorce ma cliente avait reçu une somme de 50 000 F et qu'elle avait fait un emprunt pour acheter un appartement, qu'elle avait vendu cet appartement avec une plus-value, puis qu’elle en avait acheté un autre plus grand et qu'elle avait fini de payer et que maintenant elle vivait plus confortablement et qu'elle n'oubliait pas les périodes difficiles, et que c'est pourquoi elle s'occupe de cette dame qui a tant besoin d'aide. (soupir) 3 euros ….le four.Un monsieur, très intéressé par des partitions de chansons de variétés. Je lui demande « Laquelle voulez-vous ? » " Toutes " me répond- t-il. C'est un musicien amateur qui joue de l'accordéon. Pour le plaisir. Chez lui… Pas bavard… Je n’en saurai pas plus.
Un jeune couple m'a acheté le magnétophone. Deux euros. Le papa m'explique que c'est pour faire écouter à leur petite fille des histoires et des chansons et que ce magnétophone est très solide. Pour le plaisir, j'ai offert à la fillette une petite boîte à thé en lui disant avec snobisme qu'elle venait tout droit d'Angleterre. Ce qui est vrai !
Continuant sur le thème du thé ,un monsieur a acheté une boîte à thé .. en bois.. dans un état déplorable… pour un euro. Il m'a confirmé que c'était pour la restaurer mais sa femme a perfidement remarqué qu'il allait d'abord l'entreposer. Pour combien de temps ?
Prudent, le client éventuel s’incline sur l’objet de son intérêt, évite le regard du vendeur, craignant un empressement trop envahissant. Ne pas brusquer, ne pas effaroucher !
A Saint-Aignan, sommes-nous en Bretagne ? Non, depuis dimanche je sais que non . Sur mon étalage, deux bolées signées HB Henriot et 4 bolées fabriquées à Saint-Jean de Bretagne. Elles ont été très regardées mais on s'inquiétait de l’absence des soucoupes. Nos amateurs voyaient des tasses à café ! Heureusement une dame s'est approchée , m'a demandé le prix des bolées et les a toutes achetées. (Peut-être une bretonne ?) Elles étaient en parfait état et ravissantes. La poterie de Saint-Jean de Bretagne près de Redon n'existe plus, elle a brûlé . Je vends des pièces qui vont devenir rares !
Deux chemises de nuit ayant appartenu à ma grand-mère ont été achetées par une dame qui avait l'air de savoir ce qu'elle allait en faire . C'est la dentelle faite main qui en faisait toute la valeur, un euro chacune….La culotte fendue n'a pas eu de succès.
Ah ! Combien de gens en voyant nos déballages ont émis l'idée que eux aussi devraient ranger leurs placards . Une dame, en retraite depuis 14 ans, remarquait qu'elle n'avait encore rien ranger chez elle. Pourquoi ? parce- que depuis 14 ans elle joue dans une troupe de théâtre amateur. 2007 est sa dernière année, à elle et à son mari. Ils prennent leur retraite de théâtreux. Ranger son garage ou faire du théâtre ? à vous de choisir. Qu’auriez-vous choisi ?
Le dérouleur quatre prises, le platoir flamand, la truelle outil parfait, le découpe moquette Leroy Merlin. Tous vendus ! À des bricoleurs sûrement !
Les vieux outils rouillés ! Vendus ! Pas chers ! 30 centimes pièce ! Tout le monde est content, le vendeur et le bricoleur .
Un superbe bocal en verre, son système de fermeture ancien est intact . Deux euros. L'acheteuse compte y conserver des graines de sésame. Étonnement de ma part ! Un si grand pot pour des graines de sésame ! Eh oui madame! Et même pour des graines de lin.
10 jolies cartes d'art vendues à une enseignante ! Et un encrier en porcelaine blanche, tout beau, sans défaut. Pour le plaisir je lui ai offert une carte de Chagall, Chagall qu'elle n'avait d'ailleurs pas sélectionné. Qui n'a jamais guéri de son métier... d’enseigner.
Pas de succès pour les fourchettes a fondue mais par contre, succès pour les brochettes. Sans doute pour l'été prochain.
Un petit canon, peut-être souvenir de la guerre 14-18. Parti sur d'autres étagères.
Et le hachoir ? vendu, quatre euros. Il était joli, mais c'est un hachoir…
Le regard perçant, le collectionneur scrute l’étalage, s’informe, s’enquiert, déplace un ou deux objets « Avez-vous ?.. Non !…Tant pis ! ». et continue son chemin, à l’allure tranquille de celui qui sait ce qu’il veut. Ne pas insister !
Les albums photos, sans photos, bien sûr, ont eu du succès . Les modernes et les anciens. J'ai vu partir avec nostalgie une boîte à photos à rayures roses, comme neuve j’vous jure..
Un cadre en bois. Ça peut toujours servir à dit la dame. Dans une famille il y a toujours des photos. Eh ! oui.
Le cuit vapeur ! Une affaire ! Trois euros !
Un seul Tupperware vendu. Pour mixer les potages sans éclabousser sa cuisine . Pas mal pour un euro ?
Une dame qui avait oublié dans un vide grenier son tabouret pliant a trouvé son bonheur en achetant le mien 1,5 €.
Une broche en strass. Pour le réveillon peut être ! Pour cette dame il ne manquait plus que la robe et les chaussures. A voir !
Je n'ai jamais aimé jouer au Scrabble ! Je l’ai vendu. il était comme neuf j’vous jure.
Un monsieur a acheté pour sa fille une carte postale ancienne de Redon où figurait sur le mur d’une maison, une publicité LU. Qui n’a jamais guéri de son enfance !
Un collectionneur cherchant des cartes de Germaine Bouret m’a laissé sa carte…… de visite.
Le connaisseur, l’habitué, le familier des vide greniers, presque le spécialiste, s’informe avec assurance, c’est lui qui vous en apprend sur les objets de votre étalage. Il explique, il précise. Ne pas contrarier !
Par une dame intéressée mais pas acheteuse j'ai appris que le vase en faïence blanche était de style Médicis . Je l’ai remis dans le placard. Je le garde.
Premier livre vendu, des photos d’Alfred Stieglitz.
Un couple intéressé par un livre « Le pingouin » d’Andréï Kourkov. Ils ont lu tous ses livres sauf celui-ci. Bon après-midi !
Les carnets de cuisine de Monet, vendus Moi, aimable commerçante, « Bon appétit madame » La cliente « Je l’ai acheté pour les photos » Bon ,bon !
« La difficulté de soigner » de Jacques Salomé . Une dame qui pratique….(Le nom chinois m’échappe, il faudra que je demande à Dany ) a emporté le livre avec « Guérir par l’acupuncture » de Jean Claude Bourret. Bonne lecture, bonne santé !
Trois livres pour enfants, Marie le chat et le colleur d’affiches, la vache orange, Médor Tudor vendus à une maman pour son fils qui habite en Allemagne et qui lit des livres en français à ses enfants qui sont les petits enfants de la dame qui a acheté les livres. Vous suivez ? Quelle chance ils ont ces enfants de pouvoir découvrir l’histoire d’amitié entre Médor et Tudor. Tudor, c’est le chat ! Vous suivez ?
Vendus les deux tomes « Une page d’amour » d’Emile Zola en Collection Pourpre, souvenir de mon adolescence.
Une dame a acheté une revue « la fabrication d’objets en papier, les utilisations du papier » Surprise ! cette personne fabrique des vrais grands meubles en carton .
« Jeune fille » de Gérard d’Houville, une dame regardait le livre ; Je lui fais mon petit baratin « vous savez c’est un pseudonyme, en vérité, c’est une femme qui se cache derrière ce nom d’homme, elle s’appelle Marie de Régnier, c’est une des filles du poète José Maria de Hérédia » et patati et patata. Réponse de la dame « Je fais de la reliure ». C’est la couverture qui l’intéressait. Elle est partie sans le livre
La journée de travail d’une videuse de grenier se termine. Les gens me semblaient plus pressés que place du Pays de Retz à Rezé. Dommage ! j’étais venue pour parler.
C’était mon dernier vide grenier.
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Dimanche 24 juin 2007, vide grenier sur la place du marché à Rezé
Installation rapide sur la table à tapisser et la table de camping. Des caisses sont posées sur le sol. Tout est prêt ! la journée commence ;
Un jeune couple a demandé à déplier le service de table basque en tissu vert. Ils ne connaissaient pas ce tissu et c’est ainsi que je leur ai raconté l’origine du service . Ma mère l’avait acheté en 1958 à Labouheyre. Nous étions alors sur la route de l’Espagne , il y a maintenant 49 ans.
Une dame s’était attardée devant la nappe et avait reconnu avec nostalgie un tissu de jupe qu’elle portait étant enfant.
Ce couple était très intéressé et bien que leur table soit ronde, ils ont acheté la nappe… qui est carrée. Pas chère ! Cinq euros ! Avec 12 serviettes de table, c'est une bonne affaire ! J'ai déplié la nappe avec eux, ils l'ont beaucoup aimée.. J'étais contente de vendre ce service à un jeune couple sympathique qui venait de découvrir le tissu basque.
Une très belle dame Jeanne entourée de paille, protégée par un emballage de fines lattes de bois, munie de deux poignées permettant de la soulever facilement. Un monsieur et une dame était intéressée par Dame Jeanne pour leur fils qui prépare des apéritifs . Ils ont approché leur nez du goulot de la dame Jeanne, pas d’odeur. Ils se sont inquiétés de savoir si elle était fendue puis ont pris leur portable pour appeler le fils et décrire Dame Jeanne. Accord immédiat du fils . Dame Jeanne est vendue et part faire les beaux jours d'été d'une famille qui invente des apéritifs.
Trois petits verres à cognac. « Figurez-vous Madame que l'on ne trouve plus de petits verres à cognac dans les magasins. » me dit la cliente . Partis les verres à cognac. Puis j’ai vendu les quatre verres à pastis , eux aussi devenus rares.
La poêle pour cuire les châtaignes. Rouillée ! » Ce n'est pas la saison des châtaignes, » dit la dame et le monsieur d'ajouter « elles sont toutes véreuses les châtaignes sauvages maintenant. » Un euro, pas cher, là poêle à châtaignes. Je leur ai dit gentiment « Vous l’astiquerez » . Ils sont partis avec la poêle. Ils trouveront sûrement de belles châtaignes à l’automne prochain!
Un vide grenier, c’est des messieurs et des dames qui passent et repassent …et quelques enfants.
Tupperware. Je n'ai jamais été représentante Tupperware . Je n'ai jamais reçu de démonstratrice Tupperware chez moi. Mais ce dimanche-là j'ai vendu des boîtes et des pots Tupperware, J'ai vanté leur qualité. Tout le monde était d'accord ,surtout les femmes (.). Une dame qui a une caravane, une maison secondaire et un domicile possédant déjà deux boîtes carrées avec passoire à l’intérieur, en a acheté une troisième…… pour la caravane. Ma boîte passoire est partie au bord de la mer.
Le pot à eau Tupperware a été vendu pour son couvercle. L'acheteuse possède le pot, en est très satisfaite, mais a perdu le couvercle.
Salière, poivrier, pot à moutarde, 3 en 1 , le génie Tupperware . C’est une dame qui l’a acheté pour sa fille. Elle est si contente de celui qu’elle possède !!!
Les verres à moutarde décorés, quel succès. 10 centimes le verre. Qui achète ? Les collectionneurs (ça existe), les mamies pour leurs petits enfants, les mamans pour leurs enfants.
Dix verres à whisky. Vendus à une dame dont le lave-vaisselle avait terni les verres du quotidien. Elle les trouvait trop gros. Je l'ai persuadée que pour le prix, quatre euros les dix verres, c'était une affaire et que moi-même j’utilisais quotidiennement des verres de cette taille. Peut-être un peu gros, les verres pour les petites mains de ses jeunes enfants !!
Un adolescent s’est approché timidement et a désigné deux déjeuners roses et blancs. Sur une tasse était écrit « Pour toi » et sur l’autre « Pour moi. » Pour qui les achetaient-ils ? Pour lui ? Pour une copine ? pour ses parents ? Pour qui ? Il est parti discret, sans un mot avec les deux tasses rose tendre , que j’avais soigneusement emballées.
Rencontrer des gens à l’occasion d’un vide grenier, comme ça, sans plus, on se parle , puis au revoir. On ne se reverra pas. On a raconté sa petite histoire. On a relationné.
Trois verres à dégustation Saumur Champigny. L’origine des verres ? La grande tablée de Saumur, les verres que l’on achète pour boire du Champigny aux fontaines de vin, disposées entre les grandes et longues tables. La fête, le plaisir, les amis….. A boire avec modération. Evidemment j’ai ajouté que les contenants étaient vendus sans le contenu, d’où une discussion sur les mérites comparés des vins de Bordeaux et des vins de Loire. Le monsieur préférait les vins de Loire. Moi aussi. Vivent les Pays de Loire ! A boire avec modération !
Une petite chose modeste, une petite vache colorée, en résine, flashante : Qu’est-ce que c’est ? un support téléphone mobile qui a fait la joie d’une jeune femme qui connaissait très bien l’utilisation de ce petit objet si gai , si coloré, si charmant… si utile n’est-ce pas ?
Passons à la batterie de cuisine. Une cocotte minute 10 euros, louche, écumoire, passoires plastique et alu, deux fouets, grand , petit (pas vendu celui-la), deux planches à découper en bois, grande, petite (toutes les deux vendues), sauteuse avec couvercle en verre. Ah ! que les clients sont durs, ils marchandent, ils insistent, ils partent, ils reviennent, quel métier ! Réflexion amusante d’un vendeur « Même gratuit, c’est trop cher »
Beaucoup de vent, du soleil, pas de pluie, le dieu des marchands veille sur nous.
« Souvenir, souvenir ! »Johnny Halliday. « Qui n’a jamais guéri de son enfance » Lucie Delarue Mardrus.. J’ai vendu le pupitre de musique que j’utilisais à mes cours de guitare. C’est un petit garçon qui va maintenant le transporter à ses cours de violoncelle. Car il a choisi le violoncelle après une initiation à la flûte. « Vous avez fait de la musique ? » me demande la maman ? Et moi de raconter les cours de piano, les cours de guitare, « et maintenant ? » « rien » « Quel dommage » Depuis dimanche dernier, je n’ai plus de pupitre, c’est un petit garçon qui va y poser ses partitions pour violoncelle. Puis ses parents lui offriront un pupitre plus solide, plus pratique, un pupitre qu’il utilisera longtemps, longtemps…. Nous nous sommes quittés sur ces mots de la maman. « Je suis contente d’avoir acheté un pupitre dont je connais l’histoire »
Mon diapason à branches n’a intéressé personne. On le regardait, certains le découvraient, je faisais ma démonstration, succès assuré, La…la...., « Comme la tonalité du téléphone » a remarqué un monsieur. « Vrai ! Mais s’il faut décrocher le téléphone pour accorder son instrument, ce n’est pas très pratique ! » Pas vendu ! Sans doute trop cher, 1,5 euros.
L’éventail espagnol n’a pas été marchandé. Une monture en bois peint, un peu écaillée. La feuille était en tissu peint de jolies scènes espagnoles, sombreros et mantilles. En cadeau j’ai raconté qu’il avait été offert à ma mère par un bel hidalgo à Madrid en 1958. Ce qui est en grande partie vrai, sauf que c’était un ami de mon père, un homme courtois et charmant qui nous a invité au restaurant ...mais qui n’était pas un bel hidalgo.
1958, le service de table en tissu basque, l’éventail, c’était notre premier long voyage dans notre première voiture, une 203 Peugeot noire. Pour mon père, premier retour au pays natal depuis 1942 .
Une très jolie écumoire. Avis à ceux ou celles qui m’ont affirmé que l’on disait un écumoir, Faux. Voir le dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française ROBERT : écumoire : n.f. ustensile de cuisine…… C’était une jolie écumoire à friture fabriquée, (autre nom, une araignée) en fil d’acier, de taille moyenne. Quand j’ai dit à mon acheteuse, regardez comme elle est gracieuse, elle a ri et a dit, « C’est la première fois que j’entends dire gracieux pour un objet » Vite, le ROBERT gracieux : qui a de la grâce, du charme, de l’élégance…formes gracieuses, contours gracieux. Et si les fleurs sont gracieuses pourquoi pas mon écumoire.
Vendu, un petit obus de la guerre 14 « Attention monsieur, il va exploser ». Vendu, un miroir à un monsieur qui tapisse sa pièce de miroirs pour l’agrandir…visuellement. Vendu, une terrine à un monsieur qui aime beaucoup faire la cuisine. Vendu, 2 assiettes cadeau flan impérial à une dame très discrète. Vendus, une pelle complètement rouillée, des bols dont un superbe bol au sourire Banania.
Invendus, le vinaigrier trop cher, plus la mode de faire son vinaigre, des tasses à café en verre jaune transparent, le cendrier en cristal, on ne fume plus, la gourde achetée dans un kibboutz, l’encrier en porcelaine blanche, un pot à confitures avec un couvercle pas pratique.
Mon premier livre de cuisine offert par ma mère et ma sœur. Parti. 8 cm d’épaisseur, l’Art culinaire français. Pas le genre de livre qu’on lit dans son lit. Trop lourd ! 500 pages, des superbes photos, il était « comme neuf ». C’est un jeune homme qui l’a acheté.
Dans une boîte à chaussures, j’avais rangé et classé de superbes (le mot n’est pas exagéré) cartes postales d’art : souvenirs d’expositions et de voyages. Conservées dans des albums, elles étaient « comme neuves ». Picasso, Rembrandt, Degas, Matisse…Vézelay, Autun, Dijon, Poitiers, Chauvigny…..Très grand succès. 10 c la carte.
J’ai offert un caneton en peluche jaune à une petite fille que j’avais malencontreusement un peu bousculée. Très contente, la petite fille ! La journée est terminée.
En vérité, je n’ai pas de grenier. Tous ces objets étaient dans des placards . Maintenant ils vont avoir une autre vie . Ce n’était pas un vide grenier mais un remue souvenirs. Grâce à l’écriture, les objets sont toujours présents et moins encombrants, juste quelques feuilles de papier..