terre et cendres
Vu"terre et cendres" drame (Afghanistan) d'Atiq Rahimi
Atiq Rahimi nous montre l'horreur de la guerre dans les yeux d'un vieillard. Un grand-père"beau comme un Afghan", en compagnie de son petit fils, part rejoindre son fils, le père du petit garçon (cinq ans environ),pour lui annoncer la destruction totale de leur village.
La plus grande partie du film, se déroule sur un pont, entre la baraque du gardien de la fragile barrière de la piste qui mène à la mine, et une petite épicerie de campagne.
Sous le pont, pas une goutte d'eau, mais un tank abandonné, une femme enfermée dans une burka, accroupie à l'ombre du tank et une petite fille qui joue et sautille près de sa mère. Autre signe de guerre, des obus qui éclatent de temps en temps, dans un paysage désertique d'une beauté intense, d'une beauté tragique.
Le film va nous faire vivre les hésitations du vieil homme à monter dans un camion, pour aller annoncer la mort de toute la famille à son fils qui travaille à la mine.
Que fait le vieil homme?
Il s'accroupit à l'ombre du parapet du pont
Il se renseigne auprès du gardien sur les passages du camion
Il parle à l'épicier, autre personnage, digne et bienveillant
Il chique du tabac
Il humecte ses pauvres yeux avec un collyre et surtout beaucoup de maladresse
Il passe son temps à courir après son petit-fils que les bombardements ont rendu sourd.
Il faudrait écrire des pages et des pages pour dire toute la sensibilité et la subtilité de Atiq Rahimi. Ce petit garçon ne réalise pas qu'il est devenu sourd, croit être dans un monde sans bruits et demande à son grand-père de l'emmener dans un pays avec des bruits. Dans ce film,pas de mots superflus, des silences parlants.
Nous entrons progressivement dans la temporalité du vieillard tourmenté, hésitant, indécis,apeuré, à l'idée des conséquences que vont provoquer ses révélations à son fils violent.
Il faudrait parler du sable, de la poussière tellement présente que l'écran blanchit par intermittence, du voyage vers la mine, de la misère, de la mort, de la douleur, de la dignité.
Je vais terminer en parlant des deux femmes du film.Qu'ont-elles en commun? Elles sont toutes les deux mortes.La première est la maman du petit garçon, morte nue, dans la rue, fuyant le hammam bombardé. Au cours du voyage, elle apparaît plusieurs fois au vieillard comme un cruel mirage. Sa beauté nous est révélée dans les yeux du vieil Afghan souffrant de cette mort "indécente".
La seconde femme est près du tank, immobile dans sa burka.Chaque soir, un camion de soldats vient la chercher...avec sa petite fille, et chaque matin,le même camion les ramène près du pont. Je crois qu'elle est morte.
J'ai dit mille choses sur ce film, il en reste des milliers. Allez le voir.
Atiq Rahimi nous montre l'horreur de la guerre dans les yeux d'un vieillard. Un grand-père"beau comme un Afghan", en compagnie de son petit fils, part rejoindre son fils, le père du petit garçon (cinq ans environ),pour lui annoncer la destruction totale de leur village.
La plus grande partie du film, se déroule sur un pont, entre la baraque du gardien de la fragile barrière de la piste qui mène à la mine, et une petite épicerie de campagne.
Sous le pont, pas une goutte d'eau, mais un tank abandonné, une femme enfermée dans une burka, accroupie à l'ombre du tank et une petite fille qui joue et sautille près de sa mère. Autre signe de guerre, des obus qui éclatent de temps en temps, dans un paysage désertique d'une beauté intense, d'une beauté tragique.
Le film va nous faire vivre les hésitations du vieil homme à monter dans un camion, pour aller annoncer la mort de toute la famille à son fils qui travaille à la mine.
Que fait le vieil homme?
Il s'accroupit à l'ombre du parapet du pont
Il se renseigne auprès du gardien sur les passages du camion
Il parle à l'épicier, autre personnage, digne et bienveillant
Il chique du tabac
Il humecte ses pauvres yeux avec un collyre et surtout beaucoup de maladresse
Il passe son temps à courir après son petit-fils que les bombardements ont rendu sourd.
Il faudrait écrire des pages et des pages pour dire toute la sensibilité et la subtilité de Atiq Rahimi. Ce petit garçon ne réalise pas qu'il est devenu sourd, croit être dans un monde sans bruits et demande à son grand-père de l'emmener dans un pays avec des bruits. Dans ce film,pas de mots superflus, des silences parlants.
Nous entrons progressivement dans la temporalité du vieillard tourmenté, hésitant, indécis,apeuré, à l'idée des conséquences que vont provoquer ses révélations à son fils violent.
Il faudrait parler du sable, de la poussière tellement présente que l'écran blanchit par intermittence, du voyage vers la mine, de la misère, de la mort, de la douleur, de la dignité.
Je vais terminer en parlant des deux femmes du film.Qu'ont-elles en commun? Elles sont toutes les deux mortes.La première est la maman du petit garçon, morte nue, dans la rue, fuyant le hammam bombardé. Au cours du voyage, elle apparaît plusieurs fois au vieillard comme un cruel mirage. Sa beauté nous est révélée dans les yeux du vieil Afghan souffrant de cette mort "indécente".
La seconde femme est près du tank, immobile dans sa burka.Chaque soir, un camion de soldats vient la chercher...avec sa petite fille, et chaque matin,le même camion les ramène près du pont. Je crois qu'elle est morte.
J'ai dit mille choses sur ce film, il en reste des milliers. Allez le voir.
