Fable
Laurence et le souriceau
Laurence dormait profondément sous sa double couette, quand vers 23 heures des couinements insistants la réveillèrent. Ils provenaient d’un angle de la chambre où trônait une épinette. Intriguée, Laurence sortit du lit avec précaution et s'avança lentement vers l’endroit d'où semblaient provenir ces piaillements intempestifs. Coincé entre le mur et un pied de l'épinette, un mulot couinait à perdre haleine. Lui faisant face, interdisant toute fuite , Moumoune la chatte de la maison grognait et rugissait. Immobiles, raidis par la peur, les deux animaux se défiaient et se méfiaient.
Laurence saisit le rat des champs par la peau du dos, pour le déposer gentiment dans le jardin, mais, la bête apeurée enfonça ses petites dents pointues dans le pouce droit de Laurence qui, hurlant de douleur se retrouva devant la fenêtre ouverte, une souris accrochée à son pouce. Voulant se libérer elle saisit la bestiole de sa main gauche. Bien mal lui en prit. Le souriceau affolé, enfonça ses canines dans le nouveau pouce. Énergiquement, Laurence agita sa main pour faire tomber l'animal, comme on secoue la main pour se débarrasser d'un papier collant tenace. Un coup sec la libéra de la souris et elle ferma rapidement la fenêtre. Ayant vérifié toutes les ouvertures de l'appartement, elle soigna les deux pouces sérieusement abîmés, les désinfecta, les protégea avec des pansements pour essayer de calmer la douleur. Les pouces, empaquetés ressemblaient à deux adorables petites poupées.
Vers quatre heures du matin Laurence s'éveilla de nouveau et crut vivre un cauchemar. Des couinements résonnaient nettement dans son oreille et cette fois- ci ils semblaient provenir de dessous le lit. Elle se pencha et vit le souriceau tenu en garde par Moumoune. Il était revenu ? non ! Il n'était pas parti. En secouant la main, Laurence avait fait tomber le souriceau dans la chambre et non pas dans le jardin comme elle l'avait d’abord cru. Tirant profit de son expérience, elle enfila délicatement des gants épais pour protéger ses petites marottes, saisit confortablement l'animal par la peau du dos, et insensible à ses couinements, ouvrit la porte pour le déposer dans le jardin. Puis elle s'enferma à double tour et rejoignit sa double couette pour finir sa nuit. Au matin, elle refit les pansements. La douleur diminuait mais les morsures avaient entamé profondément la chair des deux pouces.
Pendant quatre jours, Laurence promena ses petites marionnettes. « Ainsi font , font, font les petites marionnettes……. ». Au cinquième jour, nouveau rebondissement (de souris), des couinements retentissent dans l'appartement. Résignée, Laurence pensa : il est revenu. Oui, la petite bête a profité de la porte laissée entrouverte pour aller discrètement dans le salon, la pièce la plus grande de l'appartement …et la plus meublée. La chasse au mulot commence. Grande difficulté à le trouver sous les canapés et les fauteuils ; le voici derrière le buffet, invisible, mais couinant de plus en plus fort. Désespérée, Laurence se souvint d'une amie lui ayant raconté une pareille mésaventure, et qui avait utilisé le bruit de l'aspirateur pour faire fuir le monstre .La défense s’organise. L'aspirateur est sorti . Le tube bruyant glisse entre le mur et le buffet, poursuit le souriceau apeuré qui sort enfin de sa cachette. Laurence manie habilement l'aspirateur pour mener l’intrus vers la porte de sortie. Et soudain, saisissement ! La chasseuse surprise par la rapidité de l'événement voit le souriceau aspiré par le tube et réalise qu’il est enfermé dans le sac de l’aspirateur Elle se précipite pour vider le sac dans l'évier et peut-être sauver l'animal. Mais il est déjà mort. A ce moment-là, on frappe à sa porte. Son frère, prévenu, venait l’aider à chasser le raton et annonce gouailleur « Service dératisation ». « Trop tard » dit Laurence, qui enterrera le souriceau dans le jardin là où il aurait dû rester vivre tranquillement le restant de ses jours.
Laurence dormait profondément sous sa double couette, quand vers 23 heures des couinements insistants la réveillèrent. Ils provenaient d’un angle de la chambre où trônait une épinette. Intriguée, Laurence sortit du lit avec précaution et s'avança lentement vers l’endroit d'où semblaient provenir ces piaillements intempestifs. Coincé entre le mur et un pied de l'épinette, un mulot couinait à perdre haleine. Lui faisant face, interdisant toute fuite , Moumoune la chatte de la maison grognait et rugissait. Immobiles, raidis par la peur, les deux animaux se défiaient et se méfiaient.
Laurence saisit le rat des champs par la peau du dos, pour le déposer gentiment dans le jardin, mais, la bête apeurée enfonça ses petites dents pointues dans le pouce droit de Laurence qui, hurlant de douleur se retrouva devant la fenêtre ouverte, une souris accrochée à son pouce. Voulant se libérer elle saisit la bestiole de sa main gauche. Bien mal lui en prit. Le souriceau affolé, enfonça ses canines dans le nouveau pouce. Énergiquement, Laurence agita sa main pour faire tomber l'animal, comme on secoue la main pour se débarrasser d'un papier collant tenace. Un coup sec la libéra de la souris et elle ferma rapidement la fenêtre. Ayant vérifié toutes les ouvertures de l'appartement, elle soigna les deux pouces sérieusement abîmés, les désinfecta, les protégea avec des pansements pour essayer de calmer la douleur. Les pouces, empaquetés ressemblaient à deux adorables petites poupées.
Vers quatre heures du matin Laurence s'éveilla de nouveau et crut vivre un cauchemar. Des couinements résonnaient nettement dans son oreille et cette fois- ci ils semblaient provenir de dessous le lit. Elle se pencha et vit le souriceau tenu en garde par Moumoune. Il était revenu ? non ! Il n'était pas parti. En secouant la main, Laurence avait fait tomber le souriceau dans la chambre et non pas dans le jardin comme elle l'avait d’abord cru. Tirant profit de son expérience, elle enfila délicatement des gants épais pour protéger ses petites marottes, saisit confortablement l'animal par la peau du dos, et insensible à ses couinements, ouvrit la porte pour le déposer dans le jardin. Puis elle s'enferma à double tour et rejoignit sa double couette pour finir sa nuit. Au matin, elle refit les pansements. La douleur diminuait mais les morsures avaient entamé profondément la chair des deux pouces.
Pendant quatre jours, Laurence promena ses petites marionnettes. « Ainsi font , font, font les petites marionnettes……. ». Au cinquième jour, nouveau rebondissement (de souris), des couinements retentissent dans l'appartement. Résignée, Laurence pensa : il est revenu. Oui, la petite bête a profité de la porte laissée entrouverte pour aller discrètement dans le salon, la pièce la plus grande de l'appartement …et la plus meublée. La chasse au mulot commence. Grande difficulté à le trouver sous les canapés et les fauteuils ; le voici derrière le buffet, invisible, mais couinant de plus en plus fort. Désespérée, Laurence se souvint d'une amie lui ayant raconté une pareille mésaventure, et qui avait utilisé le bruit de l'aspirateur pour faire fuir le monstre .La défense s’organise. L'aspirateur est sorti . Le tube bruyant glisse entre le mur et le buffet, poursuit le souriceau apeuré qui sort enfin de sa cachette. Laurence manie habilement l'aspirateur pour mener l’intrus vers la porte de sortie. Et soudain, saisissement ! La chasseuse surprise par la rapidité de l'événement voit le souriceau aspiré par le tube et réalise qu’il est enfermé dans le sac de l’aspirateur Elle se précipite pour vider le sac dans l'évier et peut-être sauver l'animal. Mais il est déjà mort. A ce moment-là, on frappe à sa porte. Son frère, prévenu, venait l’aider à chasser le raton et annonce gouailleur « Service dératisation ». « Trop tard » dit Laurence, qui enterrera le souriceau dans le jardin là où il aurait dû rester vivre tranquillement le restant de ses jours.

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