Dernier vide grenier à Saint Aignan de Grandlieu
Dimanche 25 novembre 2007, jour de la Sainte-Catherine à Saint Aignan de Grandlieu
Dernier vide grenier. Derniers objets à vendre pour vider mes placards.
Il fait nuit !Arrivés à 8 h 15, nous sommes plusieurs à attendre devant la porte close d’une grande salle polyvalente. Sur la porte est affichée une liste, indiquant les noms des participants et le numéro de leur emplacement. 59, j’ai le numéro 59 !
Des plaisanteries sont échangées. On évoque les résultats du bac . On s’inquiète. Par quelle porte allons-nous entrer, où stationner sa voiture pour être au plus près ?.
Les habitués se reconnaissent, s’interpellent, s’embrassent….
Avec l'aide de mes bonnes copines Lulu et Dany, tout mon bric-à-brac est déposé sur l’emplacement 59, et il ne me reste plus qu'à organiser mon étalage.Je n'ai pas vidé les caisses que déjà des amateurs me questionnent. Vendues ,les boîtes de jeux « construction universelle » et « la maison forestière » . Trois euros chacune ! La première m’appartenait et la deuxième était à mon frère. Parties ! Vendues ! Adios l'enfance !
Il y avait en face de mon stand , un groupe de jeunes , blagueurs, amusants, sympathiques, qui ont animé la journée par leurs plaisanteries et leurs pitreries. Le premier rôle dans ce groupe était un jeune homme, charcutier de son état qui nous a raconté sa vie professionnelle . Dany, fille de charcutier, voisine de mon emplacement, s’est tout de suite enquise auprès de lui de la meilleure façon de cuisiner le boudin noir. Longues explications …gratuites et animées !
Le jeune homme virevoltait autour d'un balai qui disait -il était son challenge. Il devait réussir à le vendre. Ce qu’il fit ! Pas cher, mais sous les applaudissements de ses voisins vendeurs . Son deuxième challenge était une énorme soupière, laide et encombrante. Je n’en connais pas l’issue mais à vrai dire je crois que la soupière n’a pas eu de succès .
Nous nous sommes lancés en toute sympathie quelques boulettes de papier puis les choses sérieuses ont commencé.La récréation est terminée . Les clients arrivent. C’est mon dernier vide grenier !
Lentement, le chaland tangue parmi les étalages, le regard flottant sur les objets. Il ne cherche pas, il se promène dans un paysage d’électro- ménager, vaisselle, bibelots et autres vanités…Ne pas déranger !
Un petit four électrique, assez ancien, beaucoup utilisé . Ecoutez bien. Je l'ai vendu à une dame qui voulait l'offrir à une autre dame, sa protégée. Elle m'a expliqué que sa protégée est une ancienne intérimaire du spectacle, d'une soixantaine d'années, avec 400 € pour vivre par mois et qui paye un loyer de 200 euros, et qu’elle est dans un état de misère et de santé déplorable, qu’elle-même (ma cliente) avait connu des difficultés dans sa vie. Jeune femme, seule à élever un enfant , elle n’a pas oublié . Vous suivez ? Alors elle aide sa voisine et veut lui offrir le four pour améliorer son quotidien.
J'ai aussi appris qu'après son divorce ma cliente avait reçu une somme de 50 000 F et qu'elle avait fait un emprunt pour acheter un appartement, qu'elle avait vendu cet appartement avec une plus-value, puis qu’elle en avait acheté un autre plus grand et qu'elle avait fini de payer et que maintenant elle vivait plus confortablement et qu'elle n'oubliait pas les périodes difficiles, et que c'est pourquoi elle s'occupe de cette dame qui a tant besoin d'aide. (soupir) 3 euros ….le four.Un monsieur, très intéressé par des partitions de chansons de variétés. Je lui demande « Laquelle voulez-vous ? » " Toutes " me répond- t-il. C'est un musicien amateur qui joue de l'accordéon. Pour le plaisir. Chez lui… Pas bavard… Je n’en saurai pas plus.
Un jeune couple m'a acheté le magnétophone. Deux euros. Le papa m'explique que c'est pour faire écouter à leur petite fille des histoires et des chansons et que ce magnétophone est très solide. Pour le plaisir, j'ai offert à la fillette une petite boîte à thé en lui disant avec snobisme qu'elle venait tout droit d'Angleterre. Ce qui est vrai !
Continuant sur le thème du thé ,un monsieur a acheté une boîte à thé .. en bois.. dans un état déplorable… pour un euro. Il m'a confirmé que c'était pour la restaurer mais sa femme a perfidement remarqué qu'il allait d'abord l'entreposer. Pour combien de temps ?
Prudent, le client éventuel s’incline sur l’objet de son intérêt, évite le regard du vendeur, craignant un empressement trop envahissant. Ne pas brusquer, ne pas effaroucher !
A Saint-Aignan, sommes-nous en Bretagne ? Non, depuis dimanche je sais que non . Sur mon étalage, deux bolées signées HB Henriot et 4 bolées fabriquées à Saint-Jean de Bretagne. Elles ont été très regardées mais on s'inquiétait de l’absence des soucoupes. Nos amateurs voyaient des tasses à café ! Heureusement une dame s'est approchée , m'a demandé le prix des bolées et les a toutes achetées. (Peut-être une bretonne ?) Elles étaient en parfait état et ravissantes. La poterie de Saint-Jean de Bretagne près de Redon n'existe plus, elle a brûlé . Je vends des pièces qui vont devenir rares !
Deux chemises de nuit ayant appartenu à ma grand-mère ont été achetées par une dame qui avait l'air de savoir ce qu'elle allait en faire . C'est la dentelle faite main qui en faisait toute la valeur, un euro chacune….La culotte fendue n'a pas eu de succès.
Ah ! Combien de gens en voyant nos déballages ont émis l'idée que eux aussi devraient ranger leurs placards . Une dame, en retraite depuis 14 ans, remarquait qu'elle n'avait encore rien ranger chez elle. Pourquoi ? parce- que depuis 14 ans elle joue dans une troupe de théâtre amateur. 2007 est sa dernière année, à elle et à son mari. Ils prennent leur retraite de théâtreux. Ranger son garage ou faire du théâtre ? à vous de choisir. Qu’auriez-vous choisi ?
Le dérouleur quatre prises, le platoir flamand, la truelle outil parfait, le découpe moquette Leroy Merlin. Tous vendus ! À des bricoleurs sûrement !
Les vieux outils rouillés ! Vendus ! Pas chers ! 30 centimes pièce ! Tout le monde est content, le vendeur et le bricoleur .
Un superbe bocal en verre, son système de fermeture ancien est intact . Deux euros. L'acheteuse compte y conserver des graines de sésame. Étonnement de ma part ! Un si grand pot pour des graines de sésame ! Eh oui madame! Et même pour des graines de lin.
10 jolies cartes d'art vendues à une enseignante ! Et un encrier en porcelaine blanche, tout beau, sans défaut. Pour le plaisir je lui ai offert une carte de Chagall, Chagall qu'elle n'avait d'ailleurs pas sélectionné. Qui n'a jamais guéri de son métier... d’enseigner.
Pas de succès pour les fourchettes a fondue mais par contre, succès pour les brochettes. Sans doute pour l'été prochain.
Un petit canon, peut-être souvenir de la guerre 14-18. Parti sur d'autres étagères.
Et le hachoir ? vendu, quatre euros. Il était joli, mais c'est un hachoir…
Le regard perçant, le collectionneur scrute l’étalage, s’informe, s’enquiert, déplace un ou deux objets « Avez-vous ?.. Non !…Tant pis ! ». et continue son chemin, à l’allure tranquille de celui qui sait ce qu’il veut. Ne pas insister !
Les albums photos, sans photos, bien sûr, ont eu du succès . Les modernes et les anciens. J'ai vu partir avec nostalgie une boîte à photos à rayures roses, comme neuve j’vous jure..
Un cadre en bois. Ça peut toujours servir à dit la dame. Dans une famille il y a toujours des photos. Eh ! oui.
Le cuit vapeur ! Une affaire ! Trois euros !
Un seul Tupperware vendu. Pour mixer les potages sans éclabousser sa cuisine . Pas mal pour un euro ?
Une dame qui avait oublié dans un vide grenier son tabouret pliant a trouvé son bonheur en achetant le mien 1,5 €.
Une broche en strass. Pour le réveillon peut être ! Pour cette dame il ne manquait plus que la robe et les chaussures. A voir !
Je n'ai jamais aimé jouer au Scrabble ! Je l’ai vendu. il était comme neuf j’vous jure.
Un monsieur a acheté pour sa fille une carte postale ancienne de Redon où figurait sur le mur d’une maison, une publicité LU. Qui n’a jamais guéri de son enfance !
Un collectionneur cherchant des cartes de Germaine Bouret m’a laissé sa carte…… de visite.
Le connaisseur, l’habitué, le familier des vide greniers, presque le spécialiste, s’informe avec assurance, c’est lui qui vous en apprend sur les objets de votre étalage. Il explique, il précise. Ne pas contrarier !
Par une dame intéressée mais pas acheteuse j'ai appris que le vase en faïence blanche était de style Médicis . Je l’ai remis dans le placard. Je le garde.
Premier livre vendu, des photos d’Alfred Stieglitz.
Un couple intéressé par un livre « Le pingouin » d’Andréï Kourkov. Ils ont lu tous ses livres sauf celui-ci. Bon après-midi !
Les carnets de cuisine de Monet, vendus Moi, aimable commerçante, « Bon appétit madame » La cliente « Je l’ai acheté pour les photos » Bon ,bon !
« La difficulté de soigner » de Jacques Salomé . Une dame qui pratique….(Le nom chinois m’échappe, il faudra que je demande à Dany ) a emporté le livre avec « Guérir par l’acupuncture » de Jean Claude Bourret. Bonne lecture, bonne santé !
Trois livres pour enfants, Marie le chat et le colleur d’affiches, la vache orange, Médor Tudor vendus à une maman pour son fils qui habite en Allemagne et qui lit des livres en français à ses enfants qui sont les petits enfants de la dame qui a acheté les livres. Vous suivez ? Quelle chance ils ont ces enfants de pouvoir découvrir l’histoire d’amitié entre Médor et Tudor. Tudor, c’est le chat ! Vous suivez ?
Vendus les deux tomes « Une page d’amour » d’Emile Zola en Collection Pourpre, souvenir de mon adolescence.
Une dame a acheté une revue « la fabrication d’objets en papier, les utilisations du papier » Surprise ! cette personne fabrique des vrais grands meubles en carton .
« Jeune fille » de Gérard d’Houville, une dame regardait le livre ; Je lui fais mon petit baratin « vous savez c’est un pseudonyme, en vérité, c’est une femme qui se cache derrière ce nom d’homme, elle s’appelle Marie de Régnier, c’est une des filles du poète José Maria de Hérédia » et patati et patata. Réponse de la dame « Je fais de la reliure ». C’est la couverture qui l’intéressait. Elle est partie sans le livre
La journée de travail d’une videuse de grenier se termine. Les gens me semblaient plus pressés que place du Pays de Retz à Rezé. Dommage ! j’étais venue pour parler.
C’était mon dernier vide grenier.
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